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un beau témoignage

samedi 21 novembre 2009

Témoignage de Paul Wirth à lma messe du 14 novembre 2009. De tout coeur, merci à lui.
 
Nous connaissons tous le texte sur les œuvres de miséricorde : « J’avais faim et tu m’as donné à manger, j’avais soif et tu m’as donné à boire, j’étais nu et tu m’as vêtu, etc. » qui sera d’ailleurs le sujet de notre examen final.
 Certes, dans le domaine social, qui est l’application concrète de ce texte, il n’est pas nécessaire d’être croyant pour réaliser ces œuvres.
Par exemple, dans l’association dont je suis responsable, nous avons des professionnels de grand talent et généreux, qui m’apprennent beaucoup dans le domaine de la relation avec les personnes en grande précarité. Alors, nous pouvons nous demander : mais qu’est-ce que le chrétien peut donner de plus ?
Pour moi c’est tout simplement ressentir ma petitesse, mon incapacité devant des situations humainement impossible à gérer. C’est le besoin de faire appel à Dieu, seul capable de me faire dépasser mes propres limites.
Voilà deux petits exemples tirés du quotidien de mon engagement comme bénévole.
Je m’occupe plus spécialement des « sans abri » hospitalisés. Parmi eux se trouve une personne, prénommée Roland, qui se trouve dans un service longue durée suite à deux AVC (accidents vasculaires cérébraux). Il a des difficultés de locution et s’exprime très difficilement. En outre il est paralysé des membres inférieurs.
Lors de ma deuxième visite, en montant les escaliers escarpés de l’hôpital du Hasenrain, à mi-chemin et déjà essoufflé, j’ai ressenti un grand découragement et me suis dit : « Ah quoi bon ? Il ne parle pas et ne marche pas. »
Aussitôt après, a émergé en moi cette interrogation : « Qui c’est que tu vas voir là-haut ? », avec une réponse qui instantanément a surgi de mon cœur : « C’est toi Jésus ! ».
Depuis tout a changé, j’arrive à interpréter ses besoins et à lui procurer des choses qu’il attendait mais qu’il n’avait pas réussi à communiquer. J’ai compris qu’il avait besoin de fumer, un peu moins que d’habitude, mais pas en s’arrêtant complètement comme on l’avait interprété. Et aussi qu’il avait une grosse envie de chocolat noir. Avec l’aide du personnel médical nous organisons ensemble une sortie mensuelle où il peut se joindre à d’autres « sans abri » dans des activités de plein air, comme par exemple, la pêche au bord d’un étang.
Le second exemple concerne Henri, hospitalisé en psychiatrie. Il est atteint d’une maladie appelée Korsakoff qui est un genre de maladie d’Alzheimer due à un alcoolisme chronique.
Lors de ma deuxième visite, le jeune infirmier de service m’a dit « Pourquoi venir le voir puisqu’il ne se souviendra plus de vous la prochaine fois ? »
Cette remarque m’a fait comprendre que je devais quitter tout raisonnement humain et me plonger dans une autre réalité qui est celle du Christ vivant dans chaque être humain. Devant Henri je me suis dit « Je ne comprends rien de ce qui se passe dans son cerveau mais je dois aimer ce Jésus en lui dont je ne doute pas de la présence ».
Et alors, j’ai été stupéfait d’entendre Henri me parler de l’accident au cours duquel son papa à perdu la vie, jour où il a commencé à boire. Je le connaissais depuis plusieurs années et j’ignorais tout de ce drame dans sa vie. C’est ainsi que j’ai appris aussi l’existence d’un plus jeune frère dont il m’a donné le prénom.
Puis, Henri étant sorti de sa chambre pour voir le personnel médical, parlant de moi, j’ai entendu une voix lui demander « Vous parlez du monsieur de l’association ? ». Et Henri de répondre : « Non je parle de mon ami ».
Merci Henri, c’est peut-être là la plus belle définition qu’on puisse donner à un chrétien engagé dans le social : être l’ami des « sans amis ».

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